Salon de lecture : L’Archipel des comètes – Journal hédoniste III, Michel ONFRAY

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Résumé (quatrième de couverture) : 

En contrepoint à ses livres thématiques, Michel Onfray rédige un journal hédoniste qui n’est ni tout à fait journal (il n’y consigne rien du détail journalier, mais considère la vie quotidienne comme l’occasion d’un exercice de pensée), ni tout à fait hédoniste (il est aux antipodes d’une jouissance facilement caricaturée).

Dans une tradition qui va de Montaigne à Nietzsche, cet Archipel des comètes propose une lecture subjective de son époque. On y trouve également une encyclopédie baroque de la modernité, une théorie de la construction volontariste de soi, une critique des nihilismes et pessimismes contemporains, une proposition d’éthique esthétique, une invite à philosopher à la première personne, une réactivation des sagesses antiques pour aujourd’hui, un athéisme solaire doublé d’une célébration du génie colérique…

Cette écriture de soi inaugurée il y a cinq ans avec Le Désir d’être un volcan, puis Les Vertus de la foudre (1998), ne trouvera théoriquement son terme qu’avec la mort de son auteur…

Extrait de la préface : « Exégèse du corps autobiographique »

Aussi loin que je remonte dans mon souvenir, j’ai toujours aimé écrire : le graphisme, la trace de la plume sur le papier, son grincement, la magie de l’apparition d’un trait modulé en pleins et déliés, cette ligne étonnante qui chante et raconte, mais aussi l’histoire elle-même, la narration, le monde ouvert aux pieds du lecteur. J’ai apprécié la pythologie de l’apprentissage, jadis, avec encriers en céramique blanche, auréoles en dégradés de violets devenus mauves sur la pulpe des doigts, puis la flèche de la plume en acier, le dessin symétrique en son coeur qui retenait le liquide coloré, puis l’écartement sur lequel on pouvait jouer avec la pression de la main ou du poignet.

Le grain de sel du zèbre :

Lire Michel Onfray, ce qu je fais assidûment depuis la découverte de son Traité d’athéologie, assure toujours d’une salutaire secousse dans vos certitudes les plus intimes. Il ne s’agit d’aucune façon de suivre les pas du philosophe aveuglément mais de tenter de mettre en pratique la sculpture et construction de soi qu’il propose comme une alternative au magma d’une vie dont a du mal à extraire un sens quand tout autour de soi vous tire, vous pousse, vous étourdit. Je retrouve au fil des pages le calme et la sérénité qui mènent à la méditation, au silence sans lesquels il m’est impossible de refaire surface en retrouvant le fil du sens. Comment construire, soi, un parcours, dans le bruit et la fureur ? L’exigence du style, du fond, agit comme la main secourable qui tire de l’ornière. Puis on repart, rasséréné, apaisé, même si toujours l’ivresse du chaos intérieur vous fait rêver de décrocher une étoile, découvir une pépite, tisser la soie, explorer le paradis…

L’Archipel des comètes, journal hédoniste III de Michel ONFRAY, Le livre de poche, biblio essais, 2e édition, juillet 2005

Illustration de couverture Lucio Fontana, Concept spatial / Attentes, 1996 © Fondation Lucio Fontana

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