Salon de lecture : LA RAISON DES SORTILEGES, entretiens sur la musique / Michel Onfray avec Jean-Michel Clément

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Résumé (quatrième de couverture) : 

Il y a des philosophes mélomanes et des philosophes sourds… Quelques uns seulement ont fait de la musique l’épicentre de leur vision du monde. Deux ou trois ont été compositeurs – Rousseau, Adorno. D’autres, mélomanes, ont écrit sur la musique ou les musiciens. Nietzsche, lui, a réuni ces trois talents.

Avec son ami Jean-Yves Clément, Michel Onfray aborde une multitude de questions : y-a-t-il une essence de la musique ? Dit-elle quelque chose ? Comment et pourquoi devient-on mélomane ? Quels rapports entretiennent musique et philosophie ? Michel Onfray raconte ses premières expériences, ses rendez-vous manqués, la façon dont il a construit sa culture musicale en autodidacte, avant de travailler aujourd’hui avec des compositeurs contemporains. Il nous confie comment la musique lui a appris à écrire, à composer ses livres…

Extrait

La musique a tenu et tient un rôle majeur dans mon existence. Elle a plus tenu ce rôle par le passé qu’elle ne le tient aujourd’hui car l’exigence du travail philosophique suppose que j’écarte tout ce qui m’en distrait… Longtemps, j’ai écouté chaque été l’intégrale de la Tétralogie de Wagner avec le livret à la main ; j’aurais aujourd’hui l’impression de détourner du temps au chantier de mes travaux en cours qui me requiert de manière viscérale. J’ai découvert des pans entiers de musique de façon systématique, une passion furieuse pour Schubert, que je connaissais par coeur au point d’avoir l’impression que je n’y trouverais plus ce que j’y avais jadis trouvé, un enthousiasme pour l’intégrale de Mahler, Wagner donc, Bach, dont aujourd’hui encore je n’épuise pas la force…

img_Le-zebre_Nathalie-CHOUX_ref~ESC219_mode~zoomLe grain de sel du zèbre :

La musique est une obsession. Elle me poursuit depuis mes plus jeunes années quand je rêvais de jouer du violon et de devenir chef d’orchestre. Scarlatti, Chopin, Liszt, Beethoven, Rossini agrémentaient mes heures d’étude sur un électrophone Philips d’une infâme couleur oscillant entre le rouge sombre et la mûre écrasée. Je ne partais pas en vacances sans avoir enregistré mes « morceaux préférés » sur une odieuse K7 dont le son nous laisserait aujourd’hui coi de stupéfaction incrédule. Il arriva à force que je n’eusse plus besoin d’écouter pour entendre : j’étais capable, faisant abstraction de toute vie autour de moi, de me jouer mentalement et pour moi seule, des symphonies entières !

LA RAISON DES SORTILEGES, entretiens sur la musique / Michel Onfray avec Jean-Michel Clément, éditions Autrement, Paris, 2013

 

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. cafeaulaitcapuccino dit :

    Intéressant, c’est vrai que la musique est parfois magique !

    1. calisto235 dit :

      Merci de votre commentaire et bonne journée à vous… en musique !

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