Cinézèbre / Three billboards outside Ebbing Missouri, Martin McDonagh (2017)

Magistrale Frances McDormand qui campe une mère outrageusement blessée par la disparition et le meurtre impunis de sa fille. C’est aussi peut-être parce qu’elle s’en veut, qu’elle culpabilise, que Mildred Hayes se lance avec une froide brutalité, seule contre tous, dans une épopée obstinée contre la police locale.

Ni point de départ (le meurtre initial, l’enquête a priori bâclée), ni point d’arrivée : le débat est ailleurs, dans les zones d’ombres, les ambiguités, les non-dits – sauf par lettres posthumes, mots salvateurs ou qui jettent tout du moins un embryon de pont entre cette mère dont la vengeance est chevillée au corps et le jeune flic brutal, frustre et homophobe.

La violence inouie qui circule insidieuse entre les protagonistes est en contraste total avec la beauté des paysages, et l’humour des répliques. Cela arrondit les angles, cela permet de souffler en chemin, de considérer chaque protagoniste en sa souffrance et sa difficulté de vivre. Car il n’y a en fin de compte ni vainqueur, ni vaincu, chacun traîne une cohorte de responsabilité, de culpabilité, d’injuste colère, de rancoeurs remâchées, jusqu’à la fin qui n’est qu’un début, une page qui s’ouvre, dans une forme de trêve dont on ne sait où elle peut mener…

Une réalisation remarquable, un scénarion époustouflant servis par un casting de choix.

Three billbords outside Ebbing Missouri de Martin McDonagh (USA, 2017)

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